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Actu Livres : « Les Dessous lesbiens de la Chanson » en librairie en décembre 2019

Comment redécouvrir des chansons avec le message homosexuelle caché ou visible !

Les Dessous Lesbiens de la Chanson

Le public sait-il toujours ce qu’il fredonne? Le livre « Les dessous lesbiens de la chanson » offre un nouvel écho à 40 titres, dénichés sur un siècle, entre paroles explicites, cryptées ou appropriées par les homosexuelles.

Une façon de remédier à une certaine invisibilité. Un exemple ? La retransmission télévisée d’un concert de Juliette Gréco en 1972. Deux morceaux, « Déshabillez-moi » et « Vieille » sont assortis d’un carré blanc, avertissement aux âmes sensibles. Mais pas les « Pingouins », qui dénonce l’homophobie avec une métaphore des « vilaines pingouines » pourtant claire.

« C’est comme si le sujet de la chanson n’existait pas« , commente auprès de l’AFP Pauline Paris, compositrice et interprète, co-autrice de l’ouvrage (éditions iXe) avec Léa Lootgieter, journaliste et militante LGBT.

Cette dernière constate « un manque » autour des thèmes lesbiens en musique, support pourtant « universel » alors que des travaux existent pour le cinéma ou la littérature. « Quand on parle de musique interlope, l’homosexualité masculine est abordée; mais mis à part Mecano – Une femme avec une femme – il n’y a rien pour les filles« , ajoute-t-elle. « J’ai manqué de modèles lesbiens dans la chanson« , rebondit Pauline Paris.

L’idée du livre s’est faite plus précise quand les deux jeunes femmes ont signé une chronique sur une chanson au dessous lesbien pour « Gouinement lundi« , émission radiophonique co-produite par Léa Lootgieter. L’ouvrage, illustré par Julie Feydel, propose une playlist à télécharger grâce à un QR code. Le tout est une mine d’informations, sur un tempo érudit et ludique, épluchant des œuvres d’artistes lesbiennes, ou non.

Il y a les paroles évidentes de « Maman a tort » (1984) chantée par Mylène Farmer – « Trois, l’infirmière pleure/Quatre, je l’aime » – et l’ambiguïté des « Doigts » chantés par Françoise Hardy – « Quand je t’apprends/Sur le bout de mes doigts« , dans l’album « La question » (1971) conçu avec Tuca, guitariste brésilienne « ouvertement lesbienne » comme l’écrivent les autrices.

Et le cas particulier du tube « Comme un ouragan » (1986) de Stéphanie de Monaco. « On a 34 ans toutes les deux avec Pauline, on la connaissait de loin cette chanson. Mais on nous a dit que c’était devenu à l’époque un hymne lesbien. Ah bon? On l’a réécoutée« , confie Léa Lootgieter. La vision du clip est éclairante. « A la fin elle rencontre son double, en masculin« , souligne la journaliste.

https://youtu.be/7SmzqLKGFpk

Il y a parfois une histoire peu connue derrière un hit, comme « Joe le taxi » de Vanessa Paradis (1987). « Joe« , c’est Maria-José Leao Dos Santos, organisatrice de soirées lesbiennes. Dans les années 1980, elle fut aussi chauffeuse de taxi pour « Le Privé« , club des Champs-Élysées. Entre deux courses, elle danse au milieu des clients et quand on a besoin d’elle, on l’appelle au micro: Joe. Joe le taxi. Parmi les habitués du lieu, il y a Etienne Roda-Gil, auteur des paroles de la chanson, comme le révéla le Nouvel Obs.

JOE LE TAXI : (1988) de Vanessa Paradis écrite par Etienne Roda-GIl, musique Franck Langoff

« Les dessous lesbiens de la chanson » est aussi une plongée dans l’histoire d’une communauté longtemps obligée d’avancer masquée.

Sont ainsi listés les signes de reconnaissance au fil des époques: « Monocle et col dur » comme dans la chanson de Juliette (1993), couleur mauve (mélange de bleu et rose, évoquant la confusion des genres), bracelet à la cheville gauche, etc. De même que les lieux-refuges, avec un appendice sur les cabarets, notamment, comme « Le Monocle » tenu par Lulu de Montparnasse dans les années 1930.

Sans oublier les pionnières comme Damia, chanteuse de « La chaîne » (1919), qui à l’époque est la seule à parler de ses aventures féminines dans la presse, comme l’exposent les autrices. Impossible, évidemment, d’être exhaustives. « On a manqué Rupture au miroir (composée par Serge Gainsbourg et interprétée par Isabelle Adjani-Jane Birkin pour un show télé) souffle Pauline Paris. Mais il y a une page facebook dédiée au livre, si des personnes qui l’ont lu ont d’autres idées, elles peuvent envoyer un lien ».

Pour un tome 2 ? « Les dessus lesbiens de la chanson ? Pourquoi pas« , rigole la chanteuse.

Les Dessous Lesbiens de la Chanson

Les dessous lesbiens de la chanson de Léa Lootgieter, Pauline Paris, Julie Feydel aux éditions iXe

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« avec AFP-Relaxnews » © pgr/alu/bw – AFP

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