Septembre 2021
HISTORIQUE :
Lancée il y a exactement 40 ans, l’aventure du train à grande vitesse (TGV) a marqué la France dans le domaine des transports.
– 1981, naissance et vitesse record –
Projet approuvé en mars 1974 par Georges Pompidou peu avant sa mort, la première ligne à grande vitesse (LGV) est inaugurée entre Paris et Lyon le 22 septembre 1981 par François Mitterrand.

Les rames orange des TGV construits à l’usine Alsthom de Belfort (aujourd’hui Alstom) y roulent à 260 km/h, et relient Paris à Lyon en 2 heures 40. Quelques mois auparavant, le 26 février 1981, une de ces rames avait battu un record du monde de vitesse sur rail durant un essai, à 380 km/h.
– 1989, TGV Atlantique –
En septembre 1989, une nouvelle liaison voit le jour, desservant Nantes et Rennes depuis Paris: il s’agit de la « branche Bretagne » du TGV Atlantique.
En septembre 1990, la « branche Aquitaine » du TGV Atlantique avec sa liaison vers Bordeaux est mise en service.
Les TGV Atlantique avec leur couleur bleu océan battent plusieurs records de vitesse : le 18 mai 1990 une rame atteint 515,3 km/h.
– 1993, Lille à une heure de Paris –
Le réseau à grande vitesse s’étoffe en mai et septembre 1993 avec la mise en service d’une LGV vers le Nord: Lille est désormais à une heure de Paris par train.
– 1994, sous la Manche –
Le TGV Nord prolongé devient aussi le premier trait d’union à grande vitesse avec l’Europe. Le Tunnel sous la Manche, inauguré en mai 1994, permet des liaisons à grande vitesse en Eurostar à partir de novembre 1994 entre Paris et Londres. Aujourd’hui 2 heures 15 séparent Saint-Pancras à Londres de la Gare du Nord à Paris.
Une autre branche permet de relier à partir de septembre 1996, avec les trains Thalys, Paris à Bruxelles et à Amsterdam. La capitale européenne est actuellement à 1 heure 22 de Paris.
– 2001, TGV Méditerranée –
En juin 2001, un nouveau tronçon permet de relier Marseille à Paris en 3 heures: il s’agit de la LGV Méditerranée avec un nombre important de ponts, tunnels et viaducs en raison du relief accidenté traversé et des TGV roulant à 300 km/h.
– 2003, un milliard de voyageurs-
Le 23 novembre 2003, la SNCF célèbre son milliardième voyageur transporté par TGV. Dix ans plus tard, le 25 janvier 2013, le TGV franchit la barre symbolique des 2 milliards de voyageurs transportés.
– 2007, TGV Est et nouveau record –
Une nouvelle ligne reliant Paris à Strasbourg en 2 heures 20 est mise en service le 10 juin 2007. Peu avant, le 3 avril 2007, un nouveau record du monde de vitesse est battu sur cette nouvelle ligne lors d’un essai, avec 574,8 km/h.
– 2010, LGV Perpignan-Figueras –
Entre la France et l’Espagne la ligne à grande vitesse reliant Perpignan à Figueras commence à être exploitée en décembre 2010.
– 2011, TGV Rhin-Rhône –
En décembre 2011, ouvre le premier tronçon du TGV Rhin-Rhône, première ligne à grande vitesse à ne pas conduire vers la région parisienne, devant à terme permettre de relier l’Allemagne à l’arc méditerranéen, en passant par Lyon.
– 2015, le drame –
Le 14 novembre 2015, un TGV d’essai effectuant le dernier test sur le tronçon final de la ligne Paris-Strasbourg déraille, faisant 11 morts parmi les 53 personnes à bord. Il s’agit du premier accident mortel dans l’histoire du TGV. L’enquête pointe des erreurs d’appréciation de l’équipage.
– 2017, à l’Ouest, du nouveau –
Paris-Rennes en moins d’une heure et demie, Paris-Bordeaux en un peu plus de deux heures: la SNCF inaugure le 2 juillet 2017 deux nouveaux tronçons à grande vitesse sur la façade atlantique.
– 2020, Coronatrains –
L’épidémie de Covid-19 en France oblige au printemps 2020 à évacuer des malades des hôpitaux saturés, de l’est et de la région parisienne vers l’Ouest ou le Sud-Ouest à bord de « TGV sanitaires » spécialement aménagés.

LA SNCF CÉLÈBRE CET ANNIVERSAIRE :
Pour l’anniversaire de son train fétiche, la SNCF a choisi de jumeler sa fête aux Journée du patrimoine, avec une double exposition à Gare de Lyon et à Ground Countrol –une ancienne halle de tri postal située à deux pas– à Paris.
En guest star à la Gare de Lyon: Emmanuel Macron, dont on ignore quelles annonces il pourrait faire. Il dévoilera en tout cas une maquette grandeur nature de la motrice du TGV M, longtemps appelé « TGV du futur » que la compagnie publique compte mettre sur les rails en 2024.
Ce nouveau TGV commandé chez Alstom ne sera pas plus rapide que les dernières rames circulant sur le réseau français –320 km/h–, mais la SNCF le veut plus confortable, plus capacitaire, plus modulable, plus écolo, plus économe.

Le président Macron s’était pour la dernière fois intéressé au TGV le 1er juillet 2017. Fraîchement élu, il inaugurait alors le prolongement de la ligne nouvelle jusqu’à Rennes.
S’il saluait « un succès technologique » il promettait aussi de « ne pas relancer de grand projets nouveaux mais s’engager à financer le renouvellement des infrastructures »
Car la construction des 2.700 km de lignes à grande vitesse (LGV) françaises a plombé les comptes de la SNCF, dont l’énorme dette a longtemps été préoccupante.
Concurrence italienne :
L’essor du TGV, d’abord sur Paris-Lyon, puis vers l’Atlantique, le Nord, le Benelux et la Grande-Bretagne, le Sud-Est et l’Est, a créé une « SNCF à deux vitesses » où il était l’objet de toutes les attentions au détriment du réseau classique et des trains du quotidien.
La priorité a donc été donnée ces dernières années à l’entretien de l’existant.
Mais la plupart des élus non desservis n’ont jamais cessé de réclamer « leur » TGV, quand bien même son arrivée a partout fait grimper les prix de l’immobilier.
Le vent commence à tourner, sous l’impulsion sans doute du ferrovipathe Jean Castex. Le Premier ministre, élu d’Occitanie, a en effet relancé les projets de LGV Bordeaux-Toulouse et Montpellier-Perpignan. Avec des clefs de financement associant l’État, les collectivités locales et l’Europe, mais plus la SNCF (qui se contente d’acheter les rames).
Le TGV était, avant la pandémie de Covid-19, une activité fort rentable.
Sa fête d’anniversaire permet de s’échapper un peu du marasme actuel, alors que le grand défi de la compagnie nationale est maintenant de faire revenir les passagers dans les trains, et notamment la clientèle affaires.
Pour compliquer les choses, la concurrence devrait enfin arriver sur les voies ferrées françaises: les trains à grande vitesse rouges de la compagnie italienne Thello (Trenitalia) sont en effet attendus sur Paris-Lyon-Milan « avant la fin de l’année » . Ils pourraient être suivis plus tard sur Lyon-Marseille par des rames de l’espagnole Renfe, puis dans l’Ouest par celles de Le Train, une société charentaise.

La SNCF, elle, fait rouler ses TGV jusqu’à Londres, Bruxelles et Amsterdam via ses filiales Eurostar et Thalys, et vers l’Allemagne, la Suisse, l’Italie et l’Espagne avec ou sans partenariat avec ses homologues européennes. Elle a lancé au printemps son service low-cost Ouigo entre Madrid et Barcelone, en Espagne, face à la Renfe.
Quant au TGV d’Alstom, il s’est exporté en Espagne, en Corée, en Italie et au Maroc, ainsi qu’aux États-Unis dans une version dérivée moins rapide.
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