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Robert Hossein : le comédien et metteur en scène s’est éteint à l’age de 93 ans

L’année 2020 se termine avec le décés d’un trés grand acteur et metteur en scène francais

Robert Hossein le 16 Mai 2018 © Alberto PIZZOLI - AFP

31 Décembre 2020

Au fil de ses grands spectacles, Robert Hossein est devenu l’une des figures les plus populaires du théâtre hexagonal grâce à son modèle unique de mises en scène, symboles de gigantisme, d’effets spéciaux et d’interactivité avec le public.

Il est décédé « ce matin à l’hôpital »  après « un problème respiratoire »  a indiqué son épouse, la comédienne Candice Patou, confirmant une information du Point. L’acteur avait fêté mercredi ses 93 ans.

Il était un acteur devenu sex symbol dans les années 60 grâce au rôle de Joffrey de Peyrac dans « Angélique, marquise des anges », qui le rend célèbre.

Acteur et comédien, Robert Hossein est d’abord l’homme d’une aventure théâtrale : en 1970, il crée à partir de rien le Théâtre populaire de Reims. Il va y jeter les bases d’un théâtre pour tous avec pour slogan, « du théâtre comme vous n’en verrez qu’au cinéma » .

Robert Hossein 1er Février 1971 à Paris © AFP

Son ambition : mettre en scène des classiques et attirer un public le plus large possible avec des effets de plus en plus empruntés au 7e art. Il programme ainsi Shakespeare, Lorca, Dostoïevski ou encore Steinbeck, qu’il monte sous forme de tableaux.

Pour pratiquer des prix modérés, il démarche les collectivités et les comités d’entreprise. Plus tard, ses spectacles draineront des cars entiers venus de province pour ses gigantesques shows, note Laurent Bazin, auteur d’une thèse sur Robert Hossein. « On n’est pas subventionnés, il faut bien que les comédiens bouffent! »  s’insurgeait-il quand on lui reprochait de vivre aux crochets des comités d’entreprise.

A Reims, il fait rapidement salle comble mais laisse de grosses dettes, qu’il rembourse sur ses économies. Quand il quitte la ville huit ans plus tard, il laisse une ardoise de plusieurs millions d’euros.

« Un théâtre au service de l’homme »
A partir de 1978, il se tourne vers des mécènes privés et donne un spectacle tous les deux ans dans une salle gigantesque. Ses cathédrales, le Palais des sports, le Palais des Congrès, comptent 4.500 places. Avec ses mégaproductions, il totalise une énorme partie de la fréquentation théâtrale hexagonale (entre 300.000 à 700.000 entrées par spectacle).

« Il n’y a pas de honte à faire 500.000 spectateurs avec des gens qui ne sont pas préparés à voir Shakespeare. Pour les intellos, je dois passer pour un primate, mais je m’en tape »  lançait cet autodidacte longtemps complexé.

Il programme un nombre très important de représentations (plus de 100 représentations pour « Celui qui a dit non »), met le paquet sur la publicité (on se souvient de la campagne d’affichage « N’ayez pas peur » pour promouvoir de manière énigmatique le spectacle sur Jean-Paul II), mais aussi sur les décors, le nombre de comédiens et les moyens techniques.

Dans un premier temps, il adapte des textes classiques (« Notre Dame de Paris », « Les Misérables », « Jules César ») puis il passe aux figures historiques sur des textes d’Alain Decaux, l’historien vulgarisateur (« Danton et Robespierre », Charles de Gaulle dans « Celui qui a dit non », « C’était Bonaparte », « Jésus était son nom », « Jésus et la résurrection » …)

Dans ses spectacles, il agit comme un animateur pédagogue : avec sa voix rocailleuse, il se fait conteur, réécrit l’Histoire en demandant au public d’interagir. Dans « Je m’appelais Marie-Antoinette », il vient sur scène demander aux spectateurs de voter pour ou contre la mise à mort de la reine. Dans « Ben-Hur », un gladiateur demande au public d’encourager les candidats en agitant des foulards. Il fait distribuer des pains par des apôtres sortis de scène dans « Jésus était son nom ». En trois mois, il fait 790.000 entrées.

Ses détracteurs critiquent ses raccourcis historiques, ses simplifications et ses messages spirituels trop appuyés. Même lorsqu’il est directeur artistique du théâtre Marigny (2000-2008), il poursuit cet objectif de parler au cœur plutôt qu’à la raison, à une époque où les metteurs en scène sont fascinés par le conceptuel et l’épuré.

Robert Hossein 16 Mai 2018 © VALERY HACHE – AFP

« Je m’adresse d’abord à la sensibilité du public, mon propos est de l’émouvoir, pour ensuite l’amener à réfléchir et non l’inverse. Le chemin que j’emprunte monte du cœur à la tête et non le contraire » affirmait-il, en revendiquant « un théâtre au service de l’homme » .

Outre les grands spectacles, il a joué lui-même dans une trentaine de pièces, et monté des classiques, tels que « La Maison de Bernarda Alba » et « Hernani » pour la Comédie-Française ou encore « Cyrano de Bergerac » et « Huis clos » pour Marigny.

« avec ETX Studio »  rap/roc/ram/rh/bma – AFP

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