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Palmarès du 74éme Festival de Cannes : « Titane » Palme d’Or

Le festival s’est tenu à Cannes en jujillet marquant le retour de la cérémonie la plus célébre du cinéma

Cannes 2021 © Photographie Valery HACHE - AFP

Juillet 2021

Le jury du Festival de Cannes a décerné samedi soir la prestigieuse Palme d’or, épilogue d’une édition qui aura tenu sa promesse jusqu’au bout : célébrer malgré la pandémie le retour dans les salles et les retrouvailles du cinéma mondial.

Cannes 2021 La Française Julia Ducournau (à gauche) a remporté samedi la Palme d’Or à Cannes © Photographie Valery HACHE – AFP

 

 

 

 

 

Le Festival de Cannes a frappé un grand coup en couronnant Julia Ducournau pour une œuvre furieusement contemporaine, « Titane » la Française devenant la deuxième réalisatrice de l’histoire du festival à recevoir la Palme d’or.

– Palme d’or : « Titane » de la réalisatrice Julie Ducournau (France)

– Grand Prix : « Un héros » du réalisateur Asghar Farhadi (Iran) et « Hytti NRO 6 » (Compartiment NO.6) du réalisateur Juho Kuosmanen (Finlande)

– Prix du jury : « Le genou d’Ahed » du réalisateur Nadav Lapid (Israël) et « Memoria » du réalisateur Apichatpong Weerasethakul (Thaïlande)

– Prix de la mise en scène : le réalisateur Leos Carax pour « Annette » (France)

– Prix d’interprétation masculin : l’acteur américain Caleb Landry Jones dans « Nitram »

– Prix d’interprétation féminine : l’actrice norvégienne Renate Reinsve dans « Julie en 12 chapitres »

– Prix du scénario : le réalisateur Ryusuke Hamaguchi pour « Drive my car » (Japon)

– Caméra d’or : « Murina » de la réalisatrice Antoneta Alamat Kusijanovic (Croatie)

– Palme d’or du court métrage : « Tous les corbeaux du monde » de la réalisatrice Tang Yi (Hong Kong)

– Mention spéciale du court métrage : « Le ciel du mois d’août » de la réalisatrice Jasmin Tenucci (Brésil)

Cannes couronne le féminisme et la jeunesse avec Julia Ducournau :

Seules quatre réalisatrices étaient en compétition cette année, pour 24 films au total. Le prix le plus prestigieux, attribué à « Titane », récompense un cinéma transgressif et défricheur, empreint de féminisme.

« Titane« , qui n’est pas destiné à tous les publics, mêle hybridation femme/machine, d’amour pour les voitures et de quête de paternité. C’était le film le plus violent et trash de la compétition, loin de faire l’unanimité parmi les critiques. Il met en scène une nouvelle venue bluffante, Agathe Rousselle, et l’acteur français Vincent Lindon, en pompier sous stéroïdes.

« Un de mes buts a toujours été d’amener le cinéma de genre ou des films ovniesques dans des festivals généralistes pour arrêter d’ostraciser un pan de la production française« , a déclaré à l’AFP Julia Ducournau pendant le festival. « Le genre permet aussi de parler de l’individu et très profondément de nos peurs et de nos désirs » .

La réalisatrice avait déjà laissé un souvenir mémorable à Cannes avec son premier long-métrage, « Grave », une histoire brute de décoffrage d’étudiante en médecine vétérinaire qui devient cannibale, qui lui permettait de devenir la cheffe de file d’un renouveau du film de genre tricolore. De l’autre côté de l’Atlantique, elle a été adoubée par un maître de l’épouvante, Night Shyamalan.

Deux acteurs trentenaires sacrés :

Autre signe en direction de la jeunesse, les prix d’interprétation vont également à deux trentenaires. Côté féminin, c’est la Norvégienne Renate Reinsve, 33 ans, qui l’emporte pour sa performance dans « Julie en 12 chapitres » de Joachim Trier, dans lequel elle incarne une jeune femme en quête d’elle-même.

Le désir, la fidélité, la maternité, la relation aux parents, les différences générationnelles… toutes les questions qui agitent Julie sont explorées dans de film, à l’aune des grands sujets contemporains : place des femmes dans la société, écologie, invasion numérique.

Côté masculin, le jury a couronné un Américain, Caleb Landry Jones, 31 ans pour sa performance dans « Nitram », où il incarne un jeune homme borderline qui s’apprête à commettre l’une des pires tueries de l’histoire de l’Australie. Le film offre une plongée dans la tête du tueur, qu’il incarne magistralement: Martin Bryant, condamné à la perpétuité.

Plus largement, à l’image d’une industrie travaillée par les évolutions sociétales, les films cannois, dans la compétition et au-delà, ont fait souffler un vent frais : malgré seulement quatre réalisatrices en compétition, le féminisme est omniprésent. Des réalisateurs s’en sont emparé, et les relations lesbiennes par exemple ont désormais toute leur place.

Le climat aussi a occupé une place plus importante que jamais, avec une sélection spéciale de films sur l’environnement, allant au-delà du manifeste, comme avec Aïssa Maïga qui s’est connectée à son histoire familiale dans « Marcher sur l’eau », pour aborder la question de l’accessibilité de cette ressource. Le sujet reste une grosse question pour le festival, qui a encore du chemin à faire pour continuer de réduire son empreinte écologique.

Cannes 2021 La soirée de samedi sa été aussi l’occasion de remettre une Palme d’or d’honneur au cinéaste italien Marco Bellocchio © Photographie Alberto PIZZOLI – AFP

La soirée a aussi été l’occasion de remettre une Palme d’or d’honneur au cinéaste italien Marco Bellocchio, qui après cinq décennies de carrière engagée, n’épargnant ni l’armée ni la religion, qui a présenté un documentaire très personnel, « Marx peut attendre ».

Et après l’émotion du palmarès, la Croisette va pouvoir décompresser. Cannes projette en clôture et en avant-première la comédie française la plus attendue de l’été, « OSS 117, Alerte rouge en Afrique noire« , signée Nicolas Bedos avec toujours Jean Dujardin en Hubert Bonisseur de La Bath, rejoint par Pierre Niney et Fatou N’Diaye.

« avec ETX Studio » © fbe/rh/bow

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