Gastronomie : Restaurant Mirazur désigné meilleur restaurant du monde
Niché sur les hauteurs de Menton, Mirazur a été désigné meilleur restaurant du monde par les « World’s 50 Best Restaurants » ce mardi 25 juin. Une récompense pour le chef Mauro Colagreco, qui vient pimenter une année déjà savoureuse, avec l’obtention en janvier d’une troisième étoile Michelin.
Organisé depuis 2002, le classement des cinquante meilleures tables de la planète n’avait encore jamais célébré une adresse tricolore. Durant 16 ans, le petit monde de la gastronomie hexagonale a regardé d’un mauvais oeil ce palmarès qui honorait que trop peu de chefs de ses rangs à son goût. Voilà donc le parfait compromis avec la nomination du chef Mauro Colagreco, auteur de la cuisine du Mirazur. Agé de 42 ans, le chef est né en Argentine et revendique ses racines italiennes, avec lesquelles il reste en lien depuis sa bâtisse des années 30 perchée sur un éperon rocheux de Menton, à quelques kilomètres seulement de la frontière transalpine.
Ce n’est pas la première fois que le chef à l’accent chantant incarne les couleurs françaises. 11e du classement en 2015, Colagreco a grimpé les échelons, pour accrocher une sixième place en 2016, une 4e en 2017, entrant dans le top 3 l’année suivante. 2019 devient l’année de la consécration. Un millésime qui aura pour toujours un goût différent de toutes les autres années qui composeront la carrière du chef Colagreco. Il y a cinq mois, il créait la surprise en décrochant une troisième étoile Michelin. Le cuisinier entre ainsi dans le panthéon des meilleurs chefs du monde. Et contrairement à ses prédécesseurs, comme l’Italien Massimo Bottura (Osteria Francescana), il devra savourer cette nomination, qui ne se reproduira pas en 2020, les règles du classement ayant été modifiées pour honorer un nouveau champion chaque année.
Pour suivre les traces de leur confrère italo-argentin le chemin paraît plus long pour les autres chefs français affichés dans le haut du panier. Honoré par ses pairs durant cette cérémonie organisée à Singapour, avec un prix spécial (Chef’s Choice Award), Alain Passard (l’Arpège, Paris) maintient sa huitième position. Alain Ducasse avec sa table gastronomique triplement étoilée au Plaza Athénée grappille quelques positions, passant de la 21e à la 16e. Représentée par son chef de cuisine Romain Meder, l’adresse a toutefois bénéficié d’une belle mise en lumière avec le prix du meilleur chef pâtissier, attribué à Jessica Prealpato. Quarantième en 2018, le duo composé par Bertrand Grébaut et Théo Pourriat effectue une ascension marquante, de la 40e à la 15e place. De son côté, Yannick Alléno et son Pavillon Ledoyen passe de la 29e position à la 25e.
Pour repérer la marque France au sein de ce classement, il faut sinon se rendre à l’étranger où de nombreux compatriotes ont installé leurs casseroles : Julien Royer à Singapour (Odette) est 18e, Dominique Crenn à San Francisco (Atelier Crenn) est 35e, Eric Ripert à New York (Le Bernardin) est 36e ou encore Paul Pairet à Shanghai (Ultraviolet by Paul Pairet) est 48e – ce dernier devant se résoudre à perdre 24 places.
Le retour de Noma
Au-delà de la présence française et du sacre de Colagreco, ce millésime 2019 des World’s 50 Best Restaurants suscitera inévitablement les commentaires avec le retour du chef René Redzepi en son sein. Le cuisinier danois propose une nouvelle version de sa table de Copenhague – dans un lieu totalement différent, qui fut jadis meilleur restaurant du monde à quatre reprises (2010, 2011, 2012, 2014). Rouvert en février 2018, le Noma 2.0 propose des expériences gustatives à ses clients avec une multitude de produits méconnus. Chacun de ses menus est composé de vingt séquences. Le système des réservations a également concouru au succès de l’adresse, qui fonctionne par saison, et oblige les consommateurs à réserver leur table bien en amont.
Enfin, la cuisine espagnole reste une valeur sûre des World’s 50 Best Restaurants, à l’image du détenteur de la troisième place : Asador Etxebarri, situé à Atxondo. Mugaritz (Saint-Sébastien), Disfrutar (Barcelone), Azurmendi (Larrabetzu), Tickets (Barcelone), Elkano (Getaria), Nerua (Bilbao) sont autant de choix pour s’offrir une parenthèse gastronomique en Catalogne ou dans le pays basque espagnol.
bc/ajd – Relaxnews – © instagram Mirazur


